mardi 18 mars 2008

La PAAD

Paris appelle Pékin au dialogue.

Mort de rire. Des centaines de Tibétains se font actuellement massacrés par le gouvernement Chinois et Paris Appelle Au Dialogue.
Impressionant.
Le voilà notre rayonnement international, ça c'est la France mon petit gars! Paris Appelle Au Dialogue. Paris refuse de boycotter les JO de Pékin. Paris a le sens des priorités. Paris Appelle Au Dialogue. C'est la nouvelle organisation humanitaire gouvernementale. La PAAD. Quand tout va mal, quand les Etats oppressent, quand les génocides pointent leur bout de leur nez, qui pourra nous sauver? La PAAD biensûr!
Retrouvez toutes les aventures de la PAAD en Irak, En Serbie, au Rwanda... en Allemagne Nazie (numéro hors série)!

D'ici quelques années, Paris fera ce qu'elle sait faire le mieux: appeller à la mémoire, repprocher à l'ancienne Paris d'avoir été trop indulgente avec les criminels. Et puis Paris appellera à la repentance. Et puis Paris fermera sa gueule sur les nouveaux conflits, comme d'habitude, parce que c'est moins dangereux de condamner les ennemis du passé, quand ils sont morts ou évanouis dans la nature.

Paris: vieille prostituée impuissante qui donne les leçons qu'elle n'a jamais appliqué dans sa jeunesse.

jeudi 28 février 2008

A l'INTERIEUR vs FRONTIERE(S) - Eloge du parti pris en avant propos.

Comme je le remarquais dans un article précédent, l'opinion est facteur de guerre. Choisir c'est à la fois un devoir et un sacrifice. Elire c'est exclure. Tout voir par une opposition n'est pas forcément justifié. Mais c'est aussi très mal vu des héritiers de la bien-pensance moderne. L'égalitarisme en tant que norme imposée nous a appris que rien n'est bon ni mauvais, rien n'est bien ni mal: tout se vaut, chacun a une place égale dans le monde coloré, relativiste et acidulé des Teletubbies.
Aussi ferai-je remarqué que Tinkie Winkie, Dipsie, Lala et Po sont des bestiaux dotés de jolis pelages en couleurs synthétiques, rouge, jaune, vert et violet. Des couleurs différentes donc.
Ah ! Voilà que la pensée moderne se retrouve avec un nouveau paradoxe sur ses bras décharnés. Si tout se vaut dans ce monde merveilleux, alors que faire de notre tendance naturelle à la sélection (et à l'élection)? Que faire de nos penchants et aversions? Et que faire de la palette multicolore proposée par mère nature qui dans son infinie négligence à oublier d'uniformiser le monde à une couleur, une forme, une dimension... Une et indivisible? Voilà le rêve (ou plutôt le déni de réalité) des ectoplasmes de l'intelligentsia franco-française. L'urinoir de Marcel Duchamp = La Mona Lisa de Da Vinci. Le graffiti - Pardon! La marque de malaise social des artistes de banlieues = la calligraphie en pleins et déliés. Amel Bent = Rachmaninov. On peut aller encore loin dans l'absurdité contemporaine devenue le sacerdoce de ces traîtres néo-bourgeois à la cause du Bien, du Beau et du Vrai contre lesquels ils ont troqué le Pourquoi pas, Faut aimer et bien souvent: Le Faux. Trahison d'autant plus écœurante que les génies à notre époque ne manque pas à l'appel. Ils sont juste rarement appelés.

Cette hypocrisie qui consiste à tout broyer sous le presse purée du point de vue subjectif est en fait une nouvelle fausse objectivité non revendiquée. Un avis sur tout pour ne rien dire. En clair, l'opinion de ces élites c'est qu'elles n'en ont pas. Et ce parce qu'elles se foutent éperdument de l'avenir de l'art, et plus largement de l'avenir des valeurs universelles autour desquelles il serait pourtant bon de se réunir rapidement pendant que le brasier des sociétés modernes nous laisse encore une issue de secours.
Mais pourquoi, Oh Jésus Christ Sainte Marie Mère de Dieu de la Félicité de mon Fion, Pourquoi ces élites se foutent-elles comme d'une guigne de ces valeurs dans lesquelles elles ont le plus souvent grandi paradoxalement?
Réponse
: Parce qu'elles sont rentières! Parce qu'elles ne peuvent envisager l'avenir comme une bataille mais comme une séance de pédalo sur un lac tiède et sans remous, sans même un canard bicolore pour venir troubler la direction unique qu’a toujours prit leur existence. Ces gens-là, fils de, cooptés, fonctionnaires bureaucrates, invités professionnels des médias, arrivistes, artistes mondains révolutionnaires, assistés refusent l'opinion comme ils refusent la guerre parce que la réalité pèse trop lourd sur leurs carcasses peu rodées aux coups. Voilà pourquoi Thierry Ardisson, Arthur et Laurent Ruquier encenseront toujours les puissants, lècheront toujours les culs des réalisateurs franchouillards sans talent et descendront les petits artisans de la vérité et de la création ; voilà pourquoi le monde du marketing, de la publicité et de la coke facile vantera toujours des petits slogans humanistes post-modernes à la Benetton dans le seul but de flatter le populo qui est prêt à se faire couper l'électricité pour payer son abonnement i-mode inutile, vendu par la dernière starlette de banlieue à la mode ; voilà pourquoi Didier Porte, Anne Roumanoff et Stéphane Guillon ne savent faire des chroniques que sur le seul sujet qui attire l'attention des médias: Nicolas Sarkozy, son mariage, ses tics, sa montre, ses gros mots et sa surreprésentation médiatique dont ils sont les seuls responsables. C'est si bon d'être riche et de jouer en même temps l'ami des ploucs, de la boulangère, de l'agent de sécurité et du manutentionnaire! C'est si bon de vanter le brassage des cultures, l'amitié entre les peuples, la non-violence, le shit, et le dernier Luc Besson avant de retourner se faire sucer la tige par une pute ukrainienne dans sa villa surprotégée de Saint Tropez! Et ces mêmes personnes voudraient faire fermer leur gueule à des gens qui ont la mal séance d'avoir encore le sens de la mesure (la justice), la distinction du Bien et du Mal aussi subjective soit-elle, le droit de s'affranchir des télévangélistes hypocrites, du droit du père dominateur et crétin autant que de la nouvelle matriarchie destructrice des fondations séculaires qui ont permis à l'Occident de tenir debout pendant plusieurs siècles.

Bref, pour ces gens-là, comme les moquait subtilement Jacques Brel, l'opinion n'existe pas en dehors de la promotion aveugle et chauvine, de l'humour répétitif et au ras des pâquerettes, et de ce fleuve d'informations linéaires et monomaniaques censées avoir de l'importance à nos yeux. En dehors de ça, il y a un néant à combler et la société souterraine de l'art s'en charge plus ou moins bien. Entre les dithyrambes et l'acharnement du "tout pourri", l'esprit critique de bonne foi ne semble surgir que d'acteurs singuliers, entièrement indépendant à la Machine : des bloggeurs parfois, quelques geeks lumineux, de rares intellectuels courageux, de nombreux artistes heureusement mais toujours trop peu et pour finir le public, l’acteur lambda, Monsieur X, le populo, celui qui engraisse les mondains avec son SMIC et qui risque une peine de prison pour avoir télécharger le dernier blockbuster sur Emule.

Aussi, en tant que X, opposer deux films comme je m'apprête à le faire est puni par le tribunal des escargots bien penseurs protégés par la coquille confortable du mensonge - Pardon! De la subjectivité!

Cependant, je n’oublie pas de poser quelques garde-fous contre cette envie facile et délicieuse de se plonger dans le commentaire permanent de l’activité d’autrui. Le critique lui-même n’est pas exempt de critique. Sa légitimité se limite au crédit qu’on doit apporter à l’opinion subjective d’une seule personne et ne vaut pas plus que celle accordée à un artiste qui propose une œuvre et donc aussi un avis sur le monde, la société des hommes, etc.

Je me permets aussi de rappeler que l'idéologie de la toute relativité a aussi parasité mon esprit fœtal puisque je pense qu'il n'y a pas un seul film qui ne vaille pas la peine d'être vu. Même les plus insupportablement bêtes et fades ont des choses à nous apprendre sur le monde et sur nous même. Comme Tanrantino le citait lui même d'un auteur dont le nom m'échappe à cet instant "il y a ceux qui aiment les films et ceux qui aiment les films qu'ils aiment" Il faut faire parti de la première catégorie pour s'autoproclamer cinéphile. Il faut avoir cette curiosité et ce courage de pénétrer le territoire ennemi et d'en revenir avec des informations, quels qu'en soient les dégâts collatéraux pour notre appétit insatiable de satisfaction immédiate, chose à laquelle ne se risqueraient jamais les serviteurs de la culture unitaire bourgeoise... et autres admirateurs de Florent Pagny.

Voilà donc contre, toute espèce de correction, une critique opposant deux films dit de genre que sont A l'Intérieur d'Alexandre Bustillo et Julien Maury et Frontière(s) de Xavier Gens. Un premier absolument excellent, un second d'une médiocrité affligeante.

A l'intérieur a le mérite de se présenter comme tout film de genre qui ne se respecte pas, avec une accroche simple et digne des slashers 80's: « Ouvre moi ta porte que je t'ouvre le ventre ». On sent les deux polissons déconneurs (Bustillo et Maury) qui prétendent titiller notre curiosité comme le ferait tout réalisateur d'un vulgaire joint de série B pour mieux nous décevoir avec le schéma classique de ce genre de film où après quelques sacrifices circonstanciels, notre héroïne en larme et gentiment blessée, juste assez pour causer l'effroi des téléspectateurs assidus de Buffires contre les Vampy, s'en sort grâce à un flic consciencieux, un voisin ou pire: son petit copain. Dans le meilleur des cas, elle utilise la violence subie pour une ultime vengeance tarantinesque dans un sursaut d'héroïsme propre à ces victimes brisées par la vie et qui n'ont plus rien à perdre. Tout le film est construit dans le but de susciter ce faux espoir pour bien entendu mieux le décevoir et créer un contraste entre ce qu'attend le spectateur et ce qui doit arriver. C'est ce qu'on appelle un ascenseur émotionnel.

De son côté Xavier Gens a décider de nous la jouer avec une accroche in your face : "Ce film accumule des scènes de boucherie particulièrement réalistes et éprouvantes." Vous imaginez la déception que peut engendrer une telle opération de marketing qui prétend nous décrocher la lune alors qu'elle ne fera que nous la montrer par la lunette grossissante d'un télescope bon marché. En l’occurrence, c'est A l'intérieur qui nous décrochera la lune et qui en plus nous la balancera dans la gueule en nous promettant du gore à demi-mots.

Le film nous raconte l'histoire d'une jeune femme, veuve, accidentée de la route, et à son neuvième mois de grossesse qui est harcelée et violentée dans sa propre maison par une femme qui est prête à tout pour avoir le gamin qu'elle doit mettre au monde le lendemain : Jour de Noël (farceurs). Le temps est réduit à celui d'une nuit de cauchemar et toute l'histoire se calibre sur l'urgence de l'action, l'imminence d'une naissance, le trip se veut viscéral, angoissant comme le tic tac d'une bombe à retardement qui s'emballe et dont la fréquence se rétrécit à mesure qu'un halo mortel se ressert autour de la victime, et dont les manifestations sonores (limite agaçantes) ponctuent quelques scènes pour mieux éveiller chez le cinéspectateur le plaisir anxiogène d'un film à suspens.

L’action se situe presque entièrement dans une maison de banlieue. Elle représente le premier intérieur du film et vient se superposer aux différents niveaux d'intériorités: l'intérieur de la tête (folie, dépression), l'intérieur du ventre etc. Elle représente aussi l'intimité dans laquelle le public est plongé pour qu'il s'identifie à notre "héroïne" dont la demeure fait aussi office de tombeau, d'abord par la solitude dépressive dans laquelle elle s'enferme, ensuite par l'épaisseur de l'éther jaune-brun qui empli les pièces de la maison et semble supprimer tout oxygène ainsi que toutes les couleurs qui pourraient évoquer la vie et le bonheur. La seule pièce qui contraste avec cette atmosphère de crypte est la salle de bain où nos deux compères ont préférés laisser la blancheur froide et clinique d'un carrelage javellisé contrastant avec le rouge vif du sang des blessures infligées et dont l'éclat reste le seul éclair de vie dans un film où la naissance, la violence et par extension la mort sont étroitement liés. Les scènes à l'extérieur de la maison (le début et une petite ellipse explicative rapidement expédiée vers la fin) sont d'une pâleur qui laisse déjà s'installer l'atmosphère d'une vie triste, froide et monotone (voir monochrome) où se meuvent des personnages qui ne brillent pas par leur humanité, telle cette infirmière atypique qui souffle la fumée de sa clope au nez de Sarah en lui évoquant l'accouchement de son premier mort-né. La tragédie est installée, Sarah est seule, dépressive, dans un monde violent et idiot, avec les émeutes de banlieues en toile de fond, la voilà cernée et contrainte de se replier dans le premier niveau d'intériorité: une maison digne d'un slasher-movie de Carpenter. Le film raconte une descente aux enfers sans retour, où chaque niveau d'intériorité est une marche de plus vers l'ignoble. Nous voilà donc en compagnie de jeunes cinéastes qui sont de vrais créateurs d'ambiances.

Frontière(s) se veut donner une résonance plus politique, une sorte de spéculative fiction sur un groupe de jeunes banlieusards qui fuient la grande ville alors que l'extrême droite prend le pouvoir en France. Ce que n'a pas l'air de comprendre Xavier Gens, c'est que la dimension politico-sociale démesurée pour donner une certaine profondeur à son film ne fonctionne que sur des ados influençables qui "se cherchent un supplément d'âme au moment de leur étude" (Alain Soral, sociologue), pas sur des jeunes gens ou adultes avec un esprit non binaire. Cette fausse valeur ajoutée, cette absence de travail et d'esprit critique remplacés par cette peinture posant lourdement un contexte social déformé par l'idéologie biaisée du réa rajoute en effet une dimension: celle du kitch. Cette description superficielle et angoissée d'une société où un fascisme reclus, obscur et fanatique patiente dans les sous-sols idéologiques d'un pays qui n'aime ces enfants que blancs, bien droits et sages à l'opposé de petits agitateurs révolutionnaires, "jeunes de banlieue" qui ne demandent qu'à être intégré à la communauté des hommes est d'une naïveté désespérante. Ce délire monomaniaque de prétendre dénoncer la menace totalitaire 60 ans après la mort du nazisme guerrier et meurtrier est à la fois une insulte aux peuples vivants sous une réelle oppression dictatoriale et d'une prétention au courage confondante de bêtise.
Par ailleurs, cette tendance obsessionnelle de nombreux auteurs de films d'horreur à toujours placer l'action de leurs histoires dans les campagnes pour faire une caricature des ruraux digne des plus belles propagandes soviétiques d’antan : ploucs blancs, sales, ignorants, abrutis, arriérés et insensibles à l'opposé de nos métropoles civilisées, métissées et tolérantes est révélateur de ce que l'idéologie politique a réellement contaminé toutes les strates de l'art content-pour-rien.

Là où A l'intérieur laisse échapper quelques volutes de fumée sans grand intérêt sur les émeutes de banlieues de 2005 pour remettre à sa place la dimension fictionnelle, assumée et divertissante de l'histoire, Frontière(s) étale des couches grasses et odorantes de stéréotypes et de projections puériles d'un réalisateur qui a décidé de construire un film sur son angoisse de voir arriver au pouvoir le FN. Pauvre chou.

Ecrire, filmer ou composer en ne tenant compte que de sa petite sphère d'appréciation personnelle du monde et écraser le réel avec cette perception pour prétendre en faire une oeuvre ayant une résonance plus large touchant à l'universel, voilà un contresens qui échappe même aux fans les plus mordus de Romero ou Pasolini dont se réclame Xavier Gens - vous pouvez rire - pour la construction linéaire de son film (Le concept du cercle du sexe, de la merde et du sang dans le film Salo et toute sa signification sur le sens réel de l'exercice du pouvoir sadique sur autrui est appliqué de manière brillante tout le long de Frontière(s): du cul au début, de la merde au milieu et du sang à la fin du film. Bravo!
Pour information, il suffit de se procurer une des nombreuses interviews que ce préadolescent à casquette a donné pour la promotion de son film pour se rendre compte du niveau d’intégrité intellectuelle d’un tel « artiste ». On fait rarement aussi puéril.Les personnages de Frontière(s) sont en papier mâché. Nos jeuneudeucités interprétés par des petits bourgeois du Cours Florent font sûrement de l'effet aux bacheliers d'Henri IV et aux atrophiés du bulbe baignés dans le marécage libérale-libertaire depuis l’enfance, mais certainement pas aux banlieusards. "On est quand même bien dans nos HLM" dit Jean-Mouloude du 16ème arrondissement. « Du sang pur » éructe le faux sosie d’Adolf Hitler lors d’un dîner à la gloire des racines germano-aryennes de la famille. Xavier Gens ne craint pas le ridicule et laisse dégouliner des scènes de dialogues dont un gamin en première année de théâtre rougirait.
A l'intérieur
, malgré quelques errances un peu pataudes d'Alysson Paradis qui améliore perceptiblement son jeu tout au long du film (tourné dans l'ordre chronologique des scènes ce qui est assez rare), quelques fausses notes dans les dialogues un peu trop explicatifs afin de gérer la cohérence du film et mots qui tombent à plat, peut se vanter d'avoir en son sein un casting plutôt bon. Soyons clairs: Béatrice Dalle en veuve noire insane, boogeywoman moderne et barbare est à la fois épatante de justesse, terrifiante de sadisme et paradoxalement (ou non) très humaine. Sa seule présence immobile, au début du film, comme une plante carnivore qui se fond dans les ombres de la nuit et attend son heure pour sortir de sa contemplation et ainsi refermer ses extensions végétales afin de broyer et digérer sa proie est glaçante. L'actrice a largement contribuée à la réussite d'un film qui était déjà sur de très bons rails.

Pour épater les oreilles, Butillo et Maury ont joué à la fois la carte de la sobriété pour le début et la fin, avec de lentes progressions de violons et violoncelles en couches successives pour épouser l’épaisseur dramatique du film, quelques samples de tic-tac-boom-boom, battements de coeur synthétiques ou horloges déréglées et stridentes comme le cerveau de la psycholady et qui ramène toujours à l'urgence de l'action, tout en ponctuant le reste du film avec de gros point d'orgues tonitruants pour évoquer, disons le honnêtement, le choc provoqué par de telles scènes. L'ennui est que cela ne choque pas forcément tout le monde, tout le temps. Cependant, je peux témoigner de l'efficacité de telles exagérations sonores et visuelles dans une salle de cinéma où spectateurs tour à tour bondissaient et gémissaient avec quand même de nombreux rires qui sans se moquer, prenaient à sa mesure la dimension grandguignolesque du film qui ne se prend pas non plus vraiment au sérieux tout en étant rudement impressionnant dans son jusqueboutisme.

Musicalement, Frontière(s) se cramponne à des références culturelles non digérées dans le seul but de copier-coller un style rebattu fait de petites mélodies harmoniques connues pour épater la galerie et faire sérieux devant les copains. Comme de très nombreux jeunes réalisateurs dont la connaissance superficielle de la musique les poussent à toujours reproduire les mêmes schémas d'illustrations sonores, Xavier Gens tombe dans la facilité du contraste "musique classique / scène gore" et ose des envolées soudaines de cordes pour nous indiquer qu'à ce moment précis de la scène, nous devrions nous tordre de douleur face à tant d'atrocités. Tinkie-Winkie vient de se coincer son gros doigt en mousse dans la porte de la Tubbie-Maison et la musique nous demande de fermer les yeux. Raté!
Aussi, amis jeunes réalisateurs pleins de prétentions et de symphonies bourgeoises dans la tête, si votre bagage musicale se résume à avoir écouté dix galettes de rock dans votre vie après l’avoir méprisé toute votre adolescence et à avoir assimilé l'intégrale de Beethoven au cours de votre longue carrière de cinéspectateurs: faîtes des films sans bande son. N'est pas Kubrick qui veut.

D'un point de vue visuel aussi, Frontière(s) accumule les erreurs de débutant. En plus d'une direction d'acteur et d'un casting catastrophique, l'image de ce film est un véritable calvaire pour les cinéphiles. Cette nuit artificielle tournée en plein jour, ces teintes bleues et vertes grossières, dégueulasses comme une gélatine crasseuse posée devant l'objectif donne la nausée et peut même provoquer l'hilarité: voir cette scène où 2 personnages sont dans une voiture, dans cette coloration de nuit qui ferait pâlir les premiers utilisateurs de la technique de la nuit américaine et dans laquelle le bras du conducteur est exposé à un quartier de lumière qui contraste tellement avec la partie ombrée de l'intérieur de la voiture qu'on comprend que ces neuneus ont filmés cette aube-nuit en plein jour sous le soleil !
Je suis d'avis qu'il faille forcer la tolérance car réaliser un film est une entreprise complexe, éreintante, et on ne fait pas toujours ce qu’on veut avec les moyens qu’on souhaiterait avoir. Mais ce manque de justesse technique et surtout ce mépris pour l'intelligence du public relève du foutage de gueule et en dit long sur la piètre qualité de travail fournie pendant la fabrication de ce navet ainsi que la mentalité désastreuse d'un réalisateur dont le manque de maturité (intellectuelle comme artistique) transpire dans ce film brouillon, patineur et surtout qui ne provoque pas la moindre réaction de peur ou de dégoût chez quiconque a été au cinéma ces 10 dernières années pour voir autre chose que la quadrilogie Taxi.. La promesse de cette affiche putassière qui avait la prétention de nous avertir sur le risque que nous encourions à voir ce film ne nous a pas donné les raisons objectives pour lesquelles ce film ne devrait pas être vu. Je propose donc de remplacer l'accroche de l'affiche par: "ce film vous dépouillera d'un billet de 10 euros de façon particulièrement malhonnête et écœurante".

Quand au film des compères Bustillo et Maury, je ne tiens pas à développer une exégèse complète de ce petit bijou du cinéma d’horreur car tout ne se raconte pas, sans parler de spoiler, la critique argumentée et maîtrisée à laquelle je ne prétends même pas n’est qu’un parfum évanescent qui tente de vous séduire pour vous faire toucher le corps duquel il émane, un spectre lointain qui d’une voix pleine d’écho réverbéré vous invite à l’expérience.
Et celle-ci prévaudra toujours plus sur n'importe quelle construction analytique. Faîte-vous votre avis. Mon conseil vaut ce qu’il vaudra à vos yeux.

Voyez A l’intérieur. Zappez Frontière(s).

mercredi 13 février 2008

The Friends and Ennemies of Modern Music

Le rock est mort

Non, le rock n’a jamais été vivant, pas au sens où vous l’entendez en tout cas. Ou alors le cadavre du rock’n’roll n’est pas un zombie de George Romero dans la première nuit des morts-vivants, lent, mou et apathique. C’est un contaminé, un sportif de haut niveau mordu à la gorge, soudainement pris de spasmes fulgurants et de crises de cannibalisme, qui dévore à la fois ses influences, son public et le monde de l’art contemporain branché et décadent. Sa Mort signifie intrinsèquement sa Vie dans des dimensions parallèles.
La mort du rock si déplorée par ses adeptes est en fait sa seule chance de survie. C’est parce que le rock est mort qu’il a traversé les époques comme aucun style musical n’a jamais su le faire. La qualité d’une création est souvent inversement proportionnelle à l’attention que lui porte les Tartuffes du quotidien.
Quoique.
Quel groupe de rock n’a pas été honni puis récupéré par la bourgeoisie jet-seteuse inculte? Quel artiste intègre n’a pas été ignoré par la sphère médiatique des tapettes toxicomanes de Canal Moins pour finalement leur servir de bruit de fond dans les dîners en ville et accessoirement pour illustrer leurs déplorantes chroniques ou pire encore finir en jingle ou en générique pour le prime d’un télé crochet contemporain? Quel ouvrier de la plastique et de l’esprit n’a pas été dédaigné par les petits profs socialistes butés à lunettes rondes embuées par la chaleur de la surchauffe intellectuelle signifiant leurs propres limites dans leur cercle fermé de tâcherons sectaires, consanguins, amoureux de leurs idéologies passéistes et persuadés que la culturette française, pédante et bien pensante comme ils l’aiment, rayonne encore dans un monde créatif qui l’ignore (et qu’ils ignorent) de plus en plus, pour finalement en vanter les mérites après que la populace leur ait mâché tout le travail d’ouverture critique et de curiosité dont ils auraient du faire preuve à l'origine?
Ne vous y trompez pas, les amis de la musique moderne sont en Enfer, j’en sais quelque chose…

Pendant que les « élites » se branlent mutuellement sur les chaînes du service public, les Enfers grondent d’un renouvellement perpétuel et fécond qui échappera toujours à ses imbéciles impuissants donneurs de leçons depuis leur chair médiatique où ils décident que Manu Chao, Renaud et Diam’s sont des artistes talentueux (rires).
Les Enfers n’ont que faire de cette bouillie infâme qu’on ose encore appeler "Culture Française". En Enfer, on ne perd pas son temps à vouloir informer le monde qu’il existe des dimensions parallèles infinies et accessibles à ceux qui font l’effort de pousser leurs portes, fussent-elles de flammes, et que le Paradis, blanc, laqué et javellisé est une escroquerie télévisuelle qui soulage les masses de devoir gober quotidiennement les abjectes chiasses nationales monodimensionnelles imposés par l’idéologie d’une part et le star system d’autre part, en fantasmant sur une perfection hypothétique, soit disant dissimulée entre les lignes mélodiques désastreuses de nos chanteurs de variétés académiques et autres blaireaux pseudo révolutionnaires sans voix tant estimés par les chroniqueurs TV du 8ème arrondissement, c’est dire s’ils ont du talent… Non, en Enfer, nous ne perdons pas de temps, mais nous le figeons régulièrement.
Zeitgeist Smashing Pumpkins
Ce soir (le 6 février 2008 à Bercy), le temps ce fige pour un concert et les Enfers libèrent The Smashing Pumpkins, Cerbère à quatre têtes et monstre d’apocalypse qui sortent du brasier pour remodeler sous la chaleur de leurs feux croisés le métal implacable du rock’n’roll. Les voilà bondissants à la gorge pâle de La Capitale du Romantisme pour Touristes New-yorkais Branchés afin, à défaut de contaminer cette vieille pucelle, d’offrir au public français une interprétation toute personnelle du vacarme de distorsions et de spasmes psychédéliques que leur évoque les amours déçus, la quête d’identité, la cicatrisation improbable des blessures de l’enfance, la rage de vivre dans un monde aussi beau qu’il est terrifiant.
Billy Corgan, en Maître Shaolin de la métaphysique des sons revient après quelques expérimentations musicales, personnelles et spirituelles pour reformer le quartet d’art martial heavy metal qu'il a crée à la fin des années 80, avec de nouveaux visages aujourd'hui. Il conserve son meilleur et plus fidèle membre, un virtuose tonitruant de la rythmique qui éclate en morceaux la binarité feignante de la musique contemporaine (pour nous soulager un peu des productions puériles de variétés-rap-r’n’b-brit-pop-punk-rock etc. sans oublier nos inénarrables chanteurs à texte... re-rires) pour en faire quelque chose de nouveau. Aïe ! Nouveauté ? Création ? Dépassement des limites ? Piétinage des traditions séculaires ? Je sais à quel point ça déplait à nos petits trous de balle de la musiquette françoise, donc je me permet de vous balancer à la gueule le nom de ce génie qui blasphème en un trillion de coups de baguettes par seconde vos petites croyances administratives sur ce que doit être la musique : Jimmy Chamberlain. Allez vous rhabillez, les épiciers du « rauque », vous ne jouez pas dans la même cour.

« Notre musique est comme le Soleil, les Vallées, les Montagnes : c’est de la Mythologie »

Dès le premier coup de médiator, la salle se remplit d’un éther épais et pesant. On sait qu’on ne va pas assister à un concert de Yannick Noah ! Les frémissements du public sont palpables alors que l’obscurité se teinte ici et là d’or sombre et d’orange feutré, les yeux sont fixes et secs, on n’ose pas cligner d’une paupière de peur de manquer la première déflagration atomique des vrombissantes guitares, Sphinx hypnotiques aux regards de géants calmes mais déterminés. La porcelaine se brise en un POUM de caisse claire et nous voilà parti sur les montagnes russes d’une attraction qui dévoile lentement et sûrement une palette d’émotion colossale comme la monture du cavalier chauve, soutenue par une déferlante de balayages stroboscopiques aux milles couleurs de l’arc-en-ciel quadridimensionnel reflétant autant que possible la schizophrénie de l’artiste, en commençant d’abord par le bleu calme et métallique des songes sur Porcelina of the Vast Oceans.

Hurlement hystérique suraigu, le public rock se féminise (pour son salut et sa perte). La fosse bondit çà et là, sautille en son milieu mais l’excitation se disperse comme l’onde d’un caillou lâché dans la flotte, les vagues d’enthousiasmes s’amenuisent à mesure qu’elles s’écartent de leur point d’impact, freinées par une étrange machine imposé à un public qui pourtant ne semblait pas en manque d’énergie. Cette machine, c’est l’embourgeoisement programmé du public dans les salles de concert par le prix exorbitant des billets et par le placement numéroté positionnant parfois les plus enthousiastes (ou plus démunis) au fond ou dans les hauteurs vertigineuses de la salle, créant ainsi une retenue dans les corps cimentés à leur siège ; personne n’ose se lever de peur de gâcher la vue du voisin alors que d’habitude, tout le monde se lève d’un même élan pour s’oublier dans les décibels exagérées par un ingénieur du son plus ou moins consciencieux. Au lieu de ça, des petites étudiantes en Art Plastiques farfouillent bruyamment dans des sachets en papier et s’empiffrent de chocolats et de bonbons comme si elles étaient au cinéma à mouiller leurs culottes pour voir le dernier Colin Farrell... Plus loin deux geeks post-ados velus tapent la discute sans crainte de troubler la poésie émanant de la scène. Et puis des fans, heureux de voir leurs idoles mais paralysés, des mélomanes ébahis par tant de beauté mais désabusés par ce public de consommateurs, le menton sur la paume à rêver d’un embrasement juvénile soudain, d'un éveil des sens à l'hyperespace qui ne viendra jamais.
Les morceaux s’enchaînent, des raretés issues de B-sides, des ballades pop expérimentales, des clins d’œil essoufflés dans une course frénétique contre l’instant présent You know I’m not dead, I’m just the tears inside your head. Des tubes rapidement expédiés. Puis le groupe offre une performance digne des expériences sensorielles de seventies, des moments de transes hypnotiques interminables… mais belles. Des purs moments de rock’n’roll jusqu’à l’oubli de soi, des guitares qui saignent et se fondent dans la bande passante gloutonne d’une basse qui se borne à une fonction élémentaire mais indispensable pour créer cette boule de feu singulière qu’est la musique des Smashing Pumpkins. Puis un retour aux classiques, nappes de synthé, hurlement primaire nasal Corganien et déchirement de tympans pour nous autres. Un show d’une qualité telle qu’il ne s’encombre pas des accessoires superflus à la mode sur scène : écrans géants, petites explosions à des moments stratégiques, décors scéniques élaborés. Le groupe à l’air d’ignorer complètement les enjeux spectaculaires, cernés qu’ils sont par ces éclairages nerveux qui les assiègent depuis une auréole de spotlights fermée et placée très bas, comme un couvercle venu concentrer l’attention sur ce ring où on comprend que la vie d’un combattant est en jeux, celle d’une tradition musicale dont le sort n’a toujours dépendu que de sa volonté à se battre et à tuer s’il le fallait. Tuer pour survivre. Voilà encore un principe fondamental qui va faire se tordre de sophismes nos petits humanistes en cartons.

Ecoutez The Smashing Pumpkins

Written in Hell

samedi 22 septembre 2007

L'imposture guignolesque (par A. Mangin)

Les guignols ne sont plus vraiment drôles depuis pratiquement une bonne douzaine d'années maintenant. Ca on le savait… Le départ de Jean François Halin et Benoît Delepine n'ayant laissé le champ libre qu'à un ersatz de réactionnaire préférant se servir des marionnettes comme outil pour régler ses comptes plutôt que de livrer une vraie caricature de l'actualité. S'évertuant- en tout cas depuis la première élection de Chirac - à orienter le véritable électorat français dans le sens de sa nouvelle équipe, Gaccio transforme le show faussement moralisateur en un tract maquillé comme un gros camion volé. Oubliant en cours de route le cynisme d'origine qui faisait assurément la force de ces arènes de l'info joyeusement acerbes. A la place on écope de gags, pour la plupart totalement pourris, répétitifs, démagos, et sans le moindre risque puisque c'est toujours le même refrain : L'UMP est un réfectoire à fachos, le Parti Socialiste un recueillement de gentils couillons, les terroristes de joyeux fanfarons, et le PSG une équipe de branques. Un quadruple axe passablement minable qui aura pour mérite d'être le seul fil conducteur de cette saison brillant par une évidente fainéantise d'écriture. Le gros du travail se résumant à varier les contextes Persistent quelques chouettes moments ici et là (comme les élections françaises revues par Mel Gibson) mais rien qui ne mérite le visionnage complet. Regarder les guignols, c'est désormais devenu un automatisme de spectateur plutôt qu'un véritable plaisir. Dommage que les auteurs s'en soient rendus compte…

Par Arnaud Mangin (DVDRAMA)

Pour ma part, je me permets d'ajouter que quiconque trouve les guignols de l'info "satiriques" , "politiquement incorrectes" et "drôles" a un coefficient intellectuel avoisinant celui d'une balle de ping pong.

Like Spinning Plates

Je regrette la guerre comme l'état de nature: la nature de l'évolution. "The monkey, the man and the gun". La guerre nous rend meilleur, elle nous lubrifie l'accès à l'autre monde, elle nous donne une raison de palabrer, elle nous rassure sur notre in-humanité. La guerre c'est nous. Fanatiques nihilistes comme hippies antimillitaristes, nous en sommes TOUS individuellement et également responsables, car nous la défendons chaque jour en ayant une opinion. La guerre est inévitable.
La Guerre Est Inévitable.
Versons une larme de crocodile sur les victimes de l'opinion et continuons à faire tourner les assiettes. En silence. Merci.
La guerre est laide. L'opinion est laide.
Mais taisez-vous putain! Toutes ces voix dans mon crâne, elles rebondissent comme des ballonnet en caoutchouc rempli d'acide. Je refuse d'être une victime de l'opinion, je diffuse la mienne pour faire mal! Je ne veux pas le retour de flamme. Je suis innocent, je paye mon loyer, je donne à la croix rouge, je trie mes ordures et je critique Bush! Je suis innocent!!!
Elles tournent encore les assiettes... C'est triste mais joli.
Quand l'une d'elles se brisent par terre, les morceaux coupants de porcelaine percent l'écran de la réalité. La réalité n'est pas la vérité. La vérité est indicible, elle est une somme, une équation humainement irrésolvable. La réalité est une chanson de Radiohead. La réalité, c'est une photographie. Faute de mieux, on s'en contentera. Car la vérité elle, nous refuse à cette heure encore l'accès à ses terres inexplorées. N'en déplaise à mes ennemis, qui sont nombreux: je m'en réjouis.


While you make pretty speeches
I'm being cut to shreds
You feed me to the lions
A delicate balance

And this just feels like spinning plates
I'm living in cloud cuckoo land
And this just feels like spinning plates
Our bodies floating down the muddy river


(Spinning Like Plates Radiohead)

jeudi 13 septembre 2007

United Mécréants






Merci, Hirsi Ali, Maurice G. Dantec, Salman Rushdie, d'avoir le courage de faire ce que les pleutres de ma génération sont incapables de réaliser, de comprendre, de défendre.


Mention spéciale à Théo Van Gogh ( 23 juillet 1957 - 2 novembre 2004 assassiné à Amsterdam pour avoir fait un film sur la condition de la femme dans le monde musulman)


I AM NOT A SLAVE TO A GOD THAT DOES NOT EXIST



mercredi 12 septembre 2007

L'épée en main : Essai polémique et poétique.


En ces temps de consuméristes jouisseurs, je sais à quel point il est politiquement correcte de dire que l'amitié est une perle et que l'amour n'existe pas.
Les relations intenses entre les individus sont tout au moins des échanges de fluides corporels, tout au plus les divagations psychiques facilement explicables par l'étude du fonctionnement cérébro-spinal de l'Homme civilisé.
A côté de ça, on nous bourre le mou de ce fantastique, presque mystique sentiment qu’est l’amitié. Le pair. Le soulmate. Le demi-frère. Le compagnon dont on attend rien et qui nous apporte tellement. La relation « désintéressée » déconnectée de tout appétit sexuel et donc de cette niaiserie transcendantale qu’est l’amour, ce fantasme, ce marchandising, cette fumisterie poétique, cette période d’essai de trois ans au delà de laquelle la garantie d’affection (et de sincérité, si elle fût un jour) expire. On n’aime plus et on s’embourgeoise à moins d’avoir le réflexe moderne et definitely cool d’aller rapporter le produit usagé en magasin. Mais je sens la consolation poindre le bout de son nez. Car il reste l'AMITIE. Et l’amitié, « c’est sacré! »

NON.

S'affranchir de l'idée de l'amitié est l’ultime acte de liberté!

Perdre ses amis, les uns après les autres, les laisser emporter une partie de sa jeunesse qu'on ne retrouvera jamais. Accepter que le changement soit le moteur universel. Ne s'attacher qu'à l'évolution. Paradoxalement n'avoir qu'un seul amour. Apprécier ses ennemis comme étant ceux qui permettent la faille, les perturbations et donc le mouvement: l’essence métaphysique de l’être conscient. Aimer ses ennemis. S'en faire des amis. Et laisser le temps gommer le visage translucide des compagnons d'infortune qui n'ont jamais servi qu'à se renvoyer à soi même l'image de l'hypocrisie vénéneuse de l'être social enclin aux concessions.
Il n’y a pas de concessions en amour. L’empathie est assez forte pour créer à un certain moment l’oubli de soi. Si à aucun moment vous n’avez perdu conscience de votre unité et n’avez jamais eu recours à un sacrifice sans le ressentir comme tel, alors prenez sur vous mais : vous n’avez pas encore aimé. La date limite de péremption tri annuel vous aurait-elle échappé ? L’amitié à certainement une valeur plus importante à vos yeux. Après tout, ils sont toujours là pour vous, n'est ce pas? Et ça n'est pas près de s'arrêter...

Patientez.

Car l'ami vous aime de cet amour qui comble momentanément un besoin, qui une fois nourri (nouvelles fréquentations, activités diverses, relations sexuelles) défèque un vieux morceau de papier journal gris, humide, déchiré et mis en boule. Ce déchet, c'est vous.
Vous avez fait votre temps, l'ami a besoin de changement. Soyez lui reconnaissant de vous avoir choisi pendant 5 jours, 5 mois, ou 5 années pour servir de bouche trou sentimental, de partenaire de jeux et beuveries ou d’éponge à verbiage. Vous trouvez ça injuste?
Cet ami a visiblement compris quelque chose qui vous échappe:

'Les amis sont une perte de temps essentielle si on comprend qu’un jour on les perdra'.

Puisqu’il n’est pas besoin de prouver à l’âme sœur quoi que ce fût, on tente de regagner le cœur de ses contemporains. Les autres. Les ennemis. Les loups. Vouloir reconquérir d’anciennes amitiés est un leurre et un piège. Un guet-apens tendu par l’élastique nostalgie qui sans cesse nous tire vers l’improductif, la racine, le néant, le passé…

Trancher la tête du passé ! Décapiter ses contemporains. L’Hydre de Lerne reviendra à la charge nous siffler dans le crâne des berceuses destructrices. A quel point la solitude nous pèse. Tenir bon. Car un jour, les têtes ne repoussent plus. Et au bout du long calvaire, d'une lutte pour ne pas s'égarer dans ce bonheur factice, il y a un miroir, un visage qui sourit, celui de l’Elu. The one. A côté duquel tout le reste n’est rien.

Perdre tous ses amis est l'ultime acte de liberté.
Puisse-je un jour être libre.
Puissiez vous l’être, mes amis.
Déjà, vous n’êtes plus qu’un spectre de fumée évanescent.
Derrière m’attend la vérité. Le jour naissant.
Puisse-je un jour être libre.

Attendez... Je SUIS libre.

mardi 3 juillet 2007

Lisez Maurice G. Dantec

Maurice G. Dantec est un génie de la science fiction, métaphysique et politique.

Tous les mongols internautes (pléonasmes), cyber-crétins incultes découvrent Maurice Dantec par les élucubrations monomaniaques d'Alain Soral, écrivain que je respecte, outre mon désaccord singulier qui m’opposerait à lui sur la non existence du choc des civilisations. Vaste fumisterie puisque aucune civilisation ne s’est construite sans violence.
Soral jette donc Dantec dans le camp des nazillons primaires sans même lui reconnaître le courage de ses prises de positions géopolitiques. Alain Soral se trompe, mais Alain Soral vit en France, et faire un constat honnête de la situation française est pratiquement impossible si on souhaite conserver un minimum d’intégrité physique. Bref, si tu ne veux pas te faire péter la gueule par une racaille de banlieue proche, ferme-la. Il peut donc continuer à baver sa haine sur les juifs, certes en proie à une tendance à la communautarisation, mais en aucun cas comparable aux salauds qui brûlent des adolescentes vives dans tes cages d’escaliers et qui tabassent des passants dont le seul tort est d’être né blanc.
Evidemment tous les vrais petits fascistes islamo-communiste de banlieue proche aboient à la moindre apparition de Dantec dans les médias, et leurs congénères couilles-molles archéo-gauchistes ne se privent pas de nous resservir la seule rhétorique qu’il connaisse et qu’il les maintient dans la vie sociale, puisqu’à part devenir fonctionnaire ou comédien la jeunesse française bo-bos n’a pas beaucoup d’ambition. L’absence de talent les excuse en partie cela dit.
Au dessus de ce gravas civilisationel, il reste un écrivain dynamiteur de la pensée unique et du pseudo humanisme ambiant qui a conduit la France à cet embryon pré Balkanique dont la naissance est imminente.
Comme on dit dans le département poubelle : bouffons !
Lisez Maurice G. Dantec !

mardi 22 mai 2007

Une leçon de Marketing Viral par NIN

Faire vivre le rock n' roll est l'apanage des plus grands groupes. Leur musique ne suffit pas, il leur faut proposer du son "with an attitude".

7 ans après le tout premier album gratuit entierement mis à la disposition du public sur le net, par les Smashing Pumpkins, précurseurs dans bien des facettes du prisme rock, le groupe NIN utilisent le marketing viral pour chier sur l'industrie du disque tout en faisant sa publicité, et donc, rendre service à cette même industrie. Ces requins attardés se mélangent les pinceaux, merci Trent Reznor!

L'industrie du disque trébuche sur la stratégie web de Nin Inch Nails

mardi 1 mai 2007

Mai 2008: 40 ans d'escroquerie intellectuelle.

En mai 2008, ça sera comme en mai 68. La société sera toujours divisée en deux catégories de personnes


--- Il y a d'un côté les postiers, les infirmières, les boulangers, les techniciens de surface, les plombiers, les ouvriers, les policiers, les agriculteurs, les patrons de PME etc. Bref, ceux qui créent des richesses, assurent le fonctionnement de la société et ne se plaignent jamais de travailler pour un salaire de misère.

--- Et puis les autres : les branleurs, les étudiants de facultés, les abonnés aux assedics, les artistes mondains, les nantis du système, les parisianistes, les chroniqueurs du service publique, les hippies (qui sont parvenus au retournement de veste le plus énorme de l’histoire sans que personne ne leur demande des comptes).

Mai 68, ou la révolte bourgeoise de petits privilégiés en rébellion contre le fric de papa qui leur sert à se masturber toute la journée, de la bite à la tête.
Mai 68, ou la désintégration de cette boussole pour l'humanité qu'est la morale, la reconnaissance entre le bien et le mal, qui dans toute sa subjectivité peut encore laisser apparaître clairement une différence bien nette entre: Agresseur et Victime, Beau et Laid, Vrai et Faux...
Mai 68, ou les babas-cools se sont métamorphosés en rentiers et ont eu accès aux plus hautes fonctions des institutions étatiques, eux qui pronaient une spiritualité déconnectée de tout appetit consumériste se sont mutés en leur idéaux contraires.

A tous ces imposteurs, voici le message le plus humaniste que je puisse leur adresser :
Enfoncez-vous la rhétorique néo-soixante-huitarde dans le cul et attendez que ça explose.